Quand les murs parlent des frontières

Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Lyon, 2018 – prise par Bastien.

Entre les discours anti-migrants de Trump, les tergiversations européennes sur le dossier de l’Aquarius, l’Autriche se retirant du Pacte de l’ONU sur les migrations ou l’exil forcé des Rohingyas … les migrations sont au cœur de l’actualité. Les questions migratoires inspirent aussi les artistes et les activistes qui s’en emparent pour dénoncer la situation actuelle sur les murs des rues, et plus globalement dans l’espace urbain. Au moyen d’autocollants, d’affiches, de tags, de graffitis, de fresques, ils veulent interpeller la population. Dès ses origines contemporaines dans les années 60, le street art est un moyen d’expression engagé.

Sur les murs de nos villes, les messages se confrontent, se superposent et parfois disparaissent car cet art est par essence éphémère. Les images s’exposent aux yeux de tous les passants, qu’ils le consentent ou non, quelles que soient leurs opinions.

Les murs nous font entendre des voix, des messages issus de communautés marginalisées qui ne trouveraient pas leur place dans les grands médias.

Dans le cadre de l’atelier journalistique « Changer de perspective : écrire sur l’exil et la migration », j’ai rencontré Ute, une participante allemande, elle aussi intéressée par le street art. Nous voulions montrer que le sujet de la migration est universel et que, grâce au street art, il s’invite dans les rues des différentes villes du monde. La rue offre la possibilité d’une expression plus brute, libre et spontanée, moins institutionnalisée et codifiée que d’autres formats. Les murs nous font entendre des voix, des messages issus de communautés marginalisées qui ne trouveraient pas leur place dans les grands médias. Ils incarnent des supports informels voir illégaux, à la portée de tous. La trace peut être spontanée ou réfléchie, gribouillée ou dessinée, nul n’a besoin d’être expert ou de demander une quelconque autorisation pour pouvoir « montrer », « faire réfléchir » ou « dire ».

Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Beirut, date non renseignée – prise par Ghadir. Traduction : « J’aimerais pouvoir piloter un avion pour essuyer tes larmes à Beyrouth et voir ton sourire à Berlin. »
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Londres, date non renseignée – prise par Lara.
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Grenoble, date non renseignée – prise par Lucie.
Sans titre, peinte par les migrants, habitants du lieu avec deux artistes nantais (noms non renseignés), Nantes, 2018 – prise par Capucine.
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Kolkata, 2018 – prise par Jenny.
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Rome, date non renseignée – prise par Ute.
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Chatila, Beirut, date non renseignée – prise par Rayan. Traduction : « Enterre-moi dans le camp ».
Woanders ist jetzt hier, Manfred Blieffert, Osnabrück, date non renseignée – prise par Micha P.. Traduction : « Ailleurs est ici maintenant ».
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, lieu non renseigné (Alpes de Hautes-Provence), 2018 – prise par Audrey.
Nobody is illegal, Custy et MKC, Nantes, 2018, prise par Capucine.
Sans titre, auteur.rices anonyme.s, Lyon, 2018 – prise par Clément.
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